MARX - La lutte des classes
Pourquoi un ouvrier ne se sent-il pas forcément ouvrier ? Cet épisode explique la lutte des classes selon Marx, la conscience de classe et la révolution qu'il jugeait inévitable.
L'expression « lutte des classes » n'a pas été inventée par Marx, mais par l'historien libéral François Guizot. C'est pourtant Marx qui en a fait l'une des idées centrales de sa pensée. Cet épisode explique ce qu'il entend par là, en commençant par la philosophie qui se cache derrière son économie, puis en suivant le chemin qui mène, selon lui, de l'exploitation à la révolution.
L'économie façonne tout
Marx, qui a consacré sa thèse à Démocrite et Épicure, est matérialiste : ce ne sont pas les idées qui mènent le monde, mais les rapports matériels qui produisent les idées. Pour lui, « ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur être », c'est leur être social qui détermine leur conscience. L'économie structure le travail, le salaire, le quartier où on habite, les amis qu'on fréquente, l'école qu'on choisit. Et elle agit sans qu'on s'en rende compte, au point que notre condition sociale paraît naturelle. La société se divise en deux grandes classes : la bourgeoisie, qui possède les moyens de production, et le prolétariat, qui n'a que sa force de travail à vendre.
Classes séparées, conscience aliénée
La vidéo montre que les classes vivent séparées : on ne croise jamais ceux qui possèdent l'entreprise où on travaille, comme les mineurs de Germinal qui ne savent même pas à qui appartient la mine. Du coup, un ouvrier peut ne pas se voir comme membre de la classe ouvrière. Pour Marx, c'est un levier de la domination. Séries, films et littérature font s'identifier les spectateurs à des personnages qui n'ont jamais de factures à payer. Les idées dominantes sont celles de la classe dominante. Marx distingue ainsi la classe « en soi », qui existe sans le savoir, de la classe « pour soi », consciente de ses intérêts. La bourgeoisie, qui a des privilèges à défendre, possède cette conscience bien plus que le prolétariat.
La lutte comme prise de conscience
Pour Marx, 1789 est une révolution bourgeoise qui a remplacé la féodalité par le capitalisme. Mais dans sa vision dialectique de l'histoire, chaque étape négative prépare la suivante. Et c'est dans la lutte elle-même que les travailleurs prennent conscience de leur force. Lors d'une grève, ils voient que le patron ne sait même pas faire tourner la machine. La vidéo rapproche ce renversement de la dialectique du maître et de l'esclave de Hegel : le maître dépend de celui qui travaille pour lui.
Une révolution jugée inévitable
Marx pense que le capitalisme porte en lui ses propres contradictions. Sa logique d'accumulation sans fin fait baisser le taux de profit, concentre le capital et appauvrit les travailleurs jusqu'à la crise. Le prolétariat uni pourra alors bâtir une société sans classes. L'épisode lit un long passage du Manifeste du Parti communiste, puis rappelle que les régimes du XXe siècle qui se sont réclamés de Marx, en URSS, en Chine ou à Cuba, ont abouti à des bureaucraties qui exploitaient les travailleurs. Marx lui-même aurait dit à la fin de sa vie : « Tout ce que je sais, c'est que je ne suis pas marxiste. »
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Pour approfondir, les fiches de cours Le travail nous fait-il perdre notre liberté ? et Introduction à la dialectique de Hegel.
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