Être trop intelligent peut-il rendre bête ?
L'intelligence sert à résoudre des problèmes. Mais quand on se met à en fabriquer, elle se retourne contre nous. Une réflexion sur la pensée compulsive.
À première vue, la question semble absurde : personne ne reproche à quelqu'un d'être trop intelligent. Pourtant, quand l'intelligence tourne à vide, elle peut nous rendre malheureux, et même nous aveugler. Cet épisode commence par définir l'intelligence, avant de montrer comment elle peut se retourner contre nous.
L'intelligence n'est pas la culture
Savoir qui était le dieu de la guerre chez les Romains ou combien le corps humain compte d'os, c'est de la culture et de la mémoire. Utile au Trivial Pursuit, mais pas plus intelligent que de connaître la liste des Pokémon. L'intelligence, au sens premier, c'est la capacité de comprendre et de résoudre un problème par le raisonnement. Il ne faut pas non plus la confondre avec le fait d'être intellectuel : le bûcheron qui calcule où va tomber l'arbre, le boxeur qui coince son adversaire dans les cordes font preuve d'intelligence.
Anticiper et s'adapter
Être intelligent, c'est relier les causes et les effets pour prévoir ce qui va arriver. Vendre son lit le matin et se demander le soir où dormir, c'est manquer d'intelligence. C'est aussi s'adapter à une situation : raconter les vacances de ses parents à un ami qui vient de perdre les siens n'a rien d'intelligent. L'intelligence a donc plusieurs formes. Le QI mesure surtout sa dimension logique, et le psychologue Howard Gardner a proposé l'idée d'intelligences multiples : on peut briller en calcul mental et être perdu sur le plan émotionnel ou manuel.
Quand on fabrique des problèmes
L'excès commence quand l'intelligence ne sert plus à résoudre des problèmes réels, mais à en créer d'artificiels. On analyse tout, non parce que la situation l'exige, mais par besoin de réfléchir. On construit des scénarios sophistiqués qui ne mènent nulle part, et on passe à côté de l'évidence, comme si elle était trop simple. Réfléchir à un problème qui n'existe pas, ce n'est plus de l'intelligence : c'est s'épuiser pour rien.
La pensée compulsive
Eckhart Tolle, auteur du Pouvoir du moment présent, parle de pensée compulsive : l'incapacité à arrêter le flot de nos pensées. Il va jusqu'à reprocher à Descartes son « Je pense, donc je suis », qui confondrait l'être et la pensée. Schopenhauer, déjà, remarquait que la souffrance augmente avec la conscience : l'être humain souffre plus que l'animal parce qu'il se représente le passé, l'avenir, et se pose des questions sans réponse.
Reprendre le contrôle de sa pensée
Face à une question qui fait souffrir, il n'y a que deux issues : trouver la réponse ou cesser de se la poser. La pensée est un outil formidable tant qu'on la maîtrise. Elle devient un problème quand c'est elle qui nous mène. Bien souvent, le chemin est simple : c'est nous qui le compliquons.
Pour découvrir les grands philosophes simplement : La philosophie, c'est pour vous aussi ! (★ 4,8/5 sur Amazon, 206 avis)
Pour approfondir, les fiches de cours Raison et expérience et Puis-je savoir qui je suis ?.
En tant que Partenaire Amazon, Le Précepteur réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
