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Nietzsche : le nihilisme expliqué simplement

Pour Nietzsche, le vrai nihiliste n'est pas celui qu'on croit : c'est la morale qui nie la vie. Dieu est mort, nihilisme et transvaluation des valeurs.

Le nihilisme est l'un des concepts clés de Nietzsche, et l'un des plus mal compris. Le dictionnaire le définit comme la négation de toutes les valeurs morales, le fait de ne croire en rien. Avec cette définition, on passe à côté de ce que Nietzsche veut dire. Cet épisode explique pourquoi il y a en réalité deux nihilismes chez lui.

Des valeurs qui nient la vie

Nietzsche reproche à l'Occident, depuis Socrate, d'être porteur de valeurs qui tournent le dos à la vie. Pour lui, tout ce qui vit est animé par une force, la volonté de puissance, un peu comme la volonté chez Schopenhauer ou le conatus chez Spinoza. La vie, c'est le mouvement, l'élan, la joie comme la souffrance. Les Grecs l'avaient compris : leur tragédie unissait Dionysos, l'ivresse et le chaos, et Apollon, la mesure et l'ordre. Nietzsche veut célébrer la vie sous toutes ses formes, au point de vouloir qu'elle se répète éternellement : c'est l'idée de l'éternel retour.

Qui décide du bien et du mal ?

Tous les grands systèmes de valeurs s'organisent autour d'une idée du bien, celle de Platon, de la religion ou de la morale. Nietzsche pose la question qui dérange : qui décide de ce qui est bien ? Pour lui, le bien n'est pas une idée qui flotte au-dessus du monde. Nos valeurs traduisent nos intérêts. Nous appelons mal ce qui nous fait souffrir, à commencer par la violence. On ne rejette pas la violence parce qu'elle est mauvaise : on la juge mauvaise parce qu'on ne veut pas la subir.

La morale des esclaves

Dans la Généalogie de la morale, Nietzsche prend l'image des agneaux et des oiseaux de proie. Les agneaux trouvent les rapaces méchants, non parce que la méchanceté existerait en soi, mais parce que les rapaces les dévorent. La morale qui protège le faible contre le fort est pour lui une morale d'esclaves, née du ressentiment. Elle a fait du respect, de l'égalité et de la pitié des valeurs absolues, alors qu'elles sont d'abord des protections.

Dieu est mort

Dans Le Gai Savoir, un insensé annonce : « Dieu est mort, et c'est nous qui l'avons tué. » C'est le constat que les grandes croyances qui donnaient un sens à la vie s'épuisent. Pour Nietzsche, cet effondrement est une chance : l'occasion d'inventer de nouvelles valeurs, qui affirment la vie au lieu de la nier.

Deux nihilismes

Nietzsche est nihiliste au premier sens : il nie l'autorité des valeurs fondées sur un arrière-monde, Dieu ou le monde des Idées. Mais il combat un autre nihilisme, celui de la morale et de la religion, qui nie la vie elle-même. Il distingue ainsi un nihilisme passif, qui recule devant la vie, et un nihilisme actif, qui détruit les anciennes valeurs pour en créer de nouvelles. C'est ce qu'il appelle la transvaluation des valeurs, portée par la figure du surhomme. La volonté de puissance n'est pas le désir d'écraser les autres : c'est la force d'affirmation de la vie.

Aimer la vie

Le message final est simple : la vie est la seule chose dont on soit certain. Plutôt que de la juger ou de la punir au nom d'un idéal, il s'agit de l'aimer, même quand elle est dure.

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Pour approfondir, les fiches de cours Morale et liberté et Histoire de la philosophie : Partie 4 - Les philosophies contemporaines.

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