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LA PHILOSOPHIE DES LUMIÈRES

Raison contre superstition, liberté contre tradition, foi dans le progrès : cet épisode présente les grandes idées des Lumières, de Voltaire à Kant, sans oublier leurs paradoxes.

Le XVIIIe siècle de Voltaire, Diderot, Montesquieu et Rousseau a façonné la manière de penser des Occidentaux d'aujourd'hui, souvent sans qu'ils le sachent. Le nom même du mouvement le dit : la lumière symbolise la connaissance, comme quand on demande à quelqu'un de nous « éclairer ». Cet épisode présente les grands principes des Lumières : la raison, la liberté, l'individu et le progrès, ainsi que les limites de ce projet.

La raison contre la superstition

À l'époque, l'Église catholique a encore une influence énorme sur la culture et l'instruction. Les Lumières ne s'attaquent pas à la religion en tant que telle : Voltaire lui-même croit en un grand horloger. Elles s'attaquent à la superstition, c'est-à-dire au fait de prêter à Dieu des sentiments humains comme la colère ou la volonté d'être obéi. Après le tremblement de terre de Lisbonne en 1755, survenu le jour de la Toussaint, certains y voient un châtiment divin. Voltaire répond : quel crime avaient commis les enfants écrasés sur le sein de leur mère ?

Penser par soi-même

Pour les Lumières, la raison est un arbitre impartial, et elle appartient à tout le monde. Comprendre que deux et deux font quatre ne demande pas d'être théologien. Héritiers de Galilée, de Newton et de Descartes, les philosophes des Lumières font de l'esprit scientifique un idéal. Kant résume ce projet dans « Qu'est-ce que les Lumières ? » : la sortie de l'homme de l'état de tutelle, avec la devise « Sapere aude », ose penser. Devenir autonome, c'est aussi devenir responsable. L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert incarne cette volonté de diffuser le savoir pour combattre les préjugés et l'intolérance.

Contre la tradition, pour la liberté

L'épisode revient sur la querelle des Anciens et des Modernes. À part Rousseau, qui pense que le progrès des sciences s'est accompagné d'une dépravation morale, les Lumières voient dans la tradition un frein. Voltaire, dans son poème « Le Mondain », fait même l'éloge du luxe et du plaisir. Cette défense de la liberté individuelle prépare le libéralisme, à la fois politique et économique : la vidéo souligne qu'Adam Smith admirait Voltaire, et que les deux formes de libéralisme reposent sur le même principe.

Le paradoxe du progrès

Les Lumières se voient comme une avant-garde qui va conduire l'humanité vers le progrès. Mais cet idéal universel a aussi servi à justifier la colonisation, comme dans le discours de Jules Ferry en 1885 sur le « devoir » des races supérieures. Diderot lui-même, dans le « Supplément au voyage de Bougainville », fait parler un vieux Tahitien qui refuse ces « inutiles lumières ». L'épisode conclut que Rousseau est peut-être celui qui a le mieux vu les limites de cette idéologie : le progrès des connaissances ne garantit pas un progrès moral.

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Pour approfondir, les fiches de cours Croyance et connaissance et Les origines du libéralisme.

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