Platon : l'allégorie de la caverne expliquée simplement
Des prisonniers qui prennent des ombres pour la réalité : l'allégorie de la caverne de Platon, expliquée pas à pas et avec des exemples simples.
On parle souvent du « mythe » de la caverne. Il s'agit plutôt d'une allégorie : une image qui illustre une idée. Platon la place au début du livre VII de La République, et elle résume à elle seule une bonne partie de sa pensée. Cet épisode la reprend étape par étape.
Deux réalités
Platon, disciple de Socrate, vit aux Ve et IVe siècles avant Jésus-Christ. Pour lui, il existe deux niveaux de réalité. Le monde sensible, celui qu'on voit et qu'on touche, change sans cesse : les objets s'usent, les corps vieillissent. Rien n'y est parfait. Un cercle tracé au compas a toujours de petits défauts, alors que l'idée de cercle, elle, est parfaite. Au-dessus, il y a le monde intelligible, celui des Idées ou des essences. Il est invisible, mais pour Platon il est plus réel que le monde matériel.
L'exemple du jeu vidéo
Pour comprendre, l'épisode prend l'image d'un jeu vidéo. Le personnage à l'écran semble bien réel, mais il n'est que la manifestation d'un code informatique. Supprimez le code, et le jeu disparaît. Le joueur ne voit jamais ce code, et pourtant c'est lui qui fait tout exister. Les Idées de Platon jouent un peu ce rôle de structure cachée derrière les choses.
Le récit
Des hommes vivent depuis l'enfance dans une demeure souterraine, enchaînés, le regard fixé sur une paroi. Derrière eux brûle un feu. Entre le feu et eux, des porteurs font passer des objets et des statuettes au-dessus d'un petit mur, comme des montreurs de marionnettes. Les prisonniers ne voient que des ombres, et ils les prennent pour la réalité. Un jour, l'un d'eux est libéré. Il est ébloui, souffre, voudrait retourner à ses ombres. Traîné dehors, il voit d'abord les ombres, puis les reflets dans l'eau, puis les choses elles-mêmes, et enfin le soleil.
Ce que l'image veut dire
La caverne sombre, c'est l'ignorance de départ, celle de tout être humain. Les chaînes empêchent de bouger, donc de comparer et de vérifier. Le fait d'être enchaîné depuis l'enfance montre la force des habitudes : on ne remet pas facilement en question ce qu'on a toujours cru. Les ombres sont des copies déformées et plates des objets, comme le monde sensible est une copie imparfaite des Idées. Platon le dit lui-même : ces prisonniers « nous ressemblent ».
Sortir de la caverne
Personne ne sort seul. Il faut un choc, une rencontre, quelqu'un qui bouscule les certitudes. C'est désagréable, comme l'éblouissement du prisonnier. Platon disait déjà que la philosophie commence par l'étonnement. Et la vérité se découvre par étapes. Avec la beauté, par exemple : on reconnaît d'abord une belle chose, puis on voit ce que toutes les belles choses ont en commun, et l'on s'élève enfin à l'idée du beau lui-même. On passe ainsi de l'opinion, la doxa, à la science, l'épistémè.
Le soleil, l'idée du Bien
Au sommet, il y a le soleil. Il représente l'idée du Bien, la plus haute de toutes. Comme le soleil fait vivre les choses et les rend visibles, le Bien est la source de la vérité et de l'intelligence. Celui qui l'a contemplé doit ensuite redescendre dans la caverne pour éclairer les autres, au risque de ne pas être cru.
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