Le stoïcisme : trouver la paix intérieure
Pour les stoïciens, tout a une cause. Comprendre l'ordre du monde et accepter ce qui ne dépend pas de nous : la voie vers la paix intérieure.
Le stoïcisme naît à Athènes vers 300 avant Jésus-Christ, fondé par Zénon de Kition (à ne pas confondre avec Zénon d'Élée, le disciple de Parménide). C'est une philosophie complète : elle veut comprendre le monde, mais surtout apprendre à bien agir pour être heureux. Cet épisode aborde le stoïcisme sous un autre angle : celui de la causalité et de l'ordre du monde.
Le bonheur, c'est la paix de l'âme
Depuis Socrate et Platon, la philosophie cherche le bonheur, et le bonheur se confond avec la sagesse. Le sage, c'est celui qui a compris l'ordre des choses et qui n'en est plus bouleversé. Pour les Anciens, être heureux, c'est ne plus avoir l'âme tourmentée. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui la paix intérieure.
Morale ou éthique ?
L'épisode propose une distinction utile. La morale commande : elle fixe ce qui est bien et ce qui est mal, et punit celui qui désobéit. L'éthique, elle, recommande : elle prévient des conséquences de nos actes. Voler la voiture du voisin, c'est possible, mais il faudra en assumer les suites. Le stoïcisme est une éthique. Son modèle de bonne conduite ne vient pas d'un Dieu extérieur au monde, mais de l'ordre naturel lui-même, gouverné par une raison universelle. Le mot grec cosmos veut d'ailleurs dire « ordre ».
Tout a une cause
Si on lâche un verre, il tombe. Personne ne s'attend à le voir flotter. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Cette loi ne vaut pas seulement pour la physique. Insulter un passant sans raison provoquera une réaction hostile, coup de tête ou mépris. Il est rare qu'il réponde par un câlin. Chez les humains, les causes sont plus nombreuses et les réactions moins mécaniques, mais rien n'y échappe. Pour les stoïciens, physique, métaphysique et éthique forment un tout : comprendre les lois du monde permet de vivre en accord avec elles.
D'où vient la souffrance ?
On voudrait souvent les effets sans les causes. Devenir riche sans faire d'efforts. Vivre en égoïste toute sa vie, puis s'étonner que personne ne vienne aider le jour où l'on en a besoin. On accuse alors le monde d'être injuste. Pour les stoïciens, ce qui nous fait souffrir, c'est surtout de vouloir que les choses soient autrement qu'elles ne sont. Vouloir 35 degrés en plein hiver ne réchauffe personne. S'il pleut, on prend un parapluie. Ce ne sont pas les événements qui tourmentent l'âme, mais l'idée qu'on s'en fait.
Le choix, source de liberté et d'erreur
Les animaux suivent leur instinct. L'être humain, lui, peut choisir, et donc se tromper. L'épisode évoque Bakounine, qui dans Dieu et l'État fait de Satan le premier libre penseur, celui qui apporte à l'homme la révolte et la liberté. Dans le récit d'Adam et Ève, le serpent introduit justement le choix, avec la responsabilité qui l'accompagne. Plus il y a de chemins possibles, plus il y a de regrets possibles.
Accepter ce qui ne dépend pas de nous
Deux leviers restent entre nos mains. Ajuster sa conduite à la réalité, d'abord. Changer la représentation qu'on se fait des événements, ensuite. Quand une chose arrive sans qu'on en voie la raison, ce n'est pas qu'elle n'en a pas : c'est qu'elle nous échappe. Épictète le dit dans son Manuel : il ne faut pas demander que les choses arrivent comme on le veut, mais vouloir qu'elles arrivent comme elles arrivent. Se plaindre du monde, c'est en faire son maître. Se concentrer sur ce qui dépend de nous, c'est retrouver sa liberté.
Pour aller plus loin : Les 10 principes du stoïcisme (★ 4,7/5 sur Amazon, 116 avis).
Pour approfondir, les fiches de cours Comprendre le stoïcisme et Désir et bonheur.
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