Le stoïcisme : comment vaincre nos émotions
Ce qui dépend de nous, ce qui n'en dépend pas : comment les stoïciens apprennent à ne plus subir la colère, la jalousie ou la peur.
Le stoïcisme naît à Athènes vers 300 avant Jésus-Christ, après Socrate, Platon et Aristote. C'est une philosophie complète : elle cherche à comprendre le monde, mais elle veut surtout changer notre façon de vivre. Cet épisode explique comment les stoïciens proposent de ne plus subir nos émotions.
Ce qui dépend de nous, et ce qui n'en dépend pas
Tout part d'une distinction. Il dépend de nous de travailler, de chercher la vérité, de bien agir. Il ne dépend pas de nous d'être grand, beau, ou de naître à tel endroit. La frontière n'est pas toujours nette, mais l'idée est claire : on ne peut pas tout. Reconnaître ses limites est une forme d'humilité. Désirer l'impossible, c'est se condamner à souffrir.
Accepter la mort plutôt que la craindre
Premier exemple : la mort. Chacun sait que sa vie est limitée, comme celle de ses proches. Le savoir ne suffit pas : il faut l'accepter au plus profond de soi, comme une loi de la nature. Si l'idée de sa propre mort angoisse, c'est qu'on ne l'a pas encore acceptée. Cette angoisse vient d'une projection : on vit rarement dans le présent, presque toujours tourné vers l'avenir ou le passé.
Nos émotions viennent de nous
Ces projections font naître ce que les stoïciens appelaient des passions : la peur, la colère, la jalousie, l'envie. Le mot vient du grec pathos, ce que l'on subit. Spontanément, on situe la cause à l'extérieur : « c'est lui qui m'a mis en colère ». Pour les stoïciens, c'est faux. La jalousie envers un voisin ne vient pas du voisin, mais de la pensée qu'on laisse prendre le dessus. Et une émotion ne règle jamais le problème : frapper la table basse contre laquelle on s'est cogné le genou ne fait pas partir la douleur.
Une philosophie de la soumission ?
On peut objecter que tout accepter revient à tout subir, y compris l'injustice. Ce n'est pas ce que disent les stoïciens. Il s'agit d'agir sur ce qui peut être changé, à son échelle, sans se croire capable de révolutionner le monde seul. Renoncer parce qu'on ne peut pas tout changer, c'est encore une réaction d'ego. Plutôt qu'une philosophie du renoncement, il s'agit d'une philosophie de la lucidité.
Tout a une cause
Pour les stoïciens, rien n'arrive sans cause : l'univers est gouverné par une raison, le logos. Une coïncidence ne surprend que parce qu'on en ignore les causes. Pour quelqu'un qui observerait toute une ville d'en haut, la rencontre au coin de la rue était prévisible. Comprendre que le monde obéit à des lois aide à l'accepter.
Le bonheur, c'est ne plus dépendre de ses désirs
Le bonheur stoïcien n'est pas la satisfaction des désirs. Une cigarette fumée, et l'envie revient vite : satisfaire un désir ne le fait pas disparaître. Être heureux, c'est ne plus dépendre de ce qui nous manque. Une anecdote rapportée sur Épictète, ancien esclave, l'illustre : alors que son maître lui tordait la jambe, il le prévint calmement qu'elle allait casser, puis, une fois la jambe cassée, se contenta de remarquer qu'il l'avait bien dit.
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Pour approfondir, les fiches de cours Comprendre le stoïcisme et Désir et bonheur.
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