3H30 DE SPINOZA
Libre arbitre, Dieu ou la nature, déterminisme, conatus : cette compilation de 3h30 réunit cinq épisodes pour entrer pas à pas dans la pensée de Spinoza.
Spinoza est souvent présenté comme un auteur difficile, parce que son système veut expliquer la totalité de ce qui existe, qu'il appelle « Dieu ou la nature ». Cette compilation rassemble cinq épisodes du Précepteur consacrés au philosophe hollandais du XVIIe siècle : le libre arbitre, sa conception de Dieu, le déterminisme, le conatus et la question de la liberté. Elle commence par un rappel de sa vie mouvementée : excommunié par la communauté juive d'Amsterdam, victime d'une tentative d'assassinat au couteau, Spinoza a gardé toute sa vie le manteau troué par la lame. Son Éthique n'a été publiée qu'après sa mort, en 1677.
Le libre arbitre, une illusion
Contre Descartes, qui sépare l'esprit et le corps, Spinoza défend une vision où les deux ne sont que deux faces d'une même réalité. L'épisode prend l'exemple du cannabis : une substance agit sur le corps, et l'état de conscience change aussitôt. Si l'esprit dépend à ce point du corps, l'idée d'une volonté libre qui commande tout perd de sa force. Spinoza le résume avec l'image d'une pierre qu'on lance : si elle était consciente, elle croirait choisir sa trajectoire. Les hommes se croient libres parce qu'ils ignorent les causes qui les poussent à agir.
Un Dieu qui n'attend rien de nous
Spinoza reproche aux religions d'avoir fabriqué un Dieu à l'image de l'homme : un Dieu en colère, vengeur, qui aurait des projets. Pour lui, Dieu n'a ni désirs ni volonté. Il distingue la « nature naturante », le principe qui produit tout, et la « nature naturée », ce qui est produit. Les deux ne sont pas séparés, un peu comme on peut être à la fois l'enfant de ses parents et le parent de ses enfants. La vidéo insiste : faire de Spinoza un simple athée ou un pur matérialiste, c'est oublier la moitié de sa pensée.
Comprendre plutôt que juger
Si tout a une cause, comprendre un comportement ne veut pas dire l'excuser. L'exemple du voleur de portefeuille montre qu'on peut connaître les raisons d'un acte et continuer à le refuser. D'où la formule de Spinoza : ne pas se moquer, ne pas pleurer, ne pas maudire, mais comprendre. Selon lui, une bonne partie de nos souffrances vient de ce qu'on renonce à cet effort.
Le conatus et la liberté
Chaque chose cherche à « persévérer dans son être » : c'est le conatus, ce désir de vivre qui s'exprime dans la faim comme dans le désir sexuel. La dernière partie, réalisée avec Noé Jacomet, se demande si l'on peut quand même parler de liberté. En s'appuyant sur le film Will Hunting, elle montre que notre déterminisme est fait de causes multiples, dont les rencontres. Être libre, pour Spinoza, ce n'est pas échapper aux causes, mais les connaître.
Pour découvrir Spinoza et neuf autres grands penseurs en bande dessinée : Philorama (★ 4,5/5 sur Amazon, 15 avis).
Pour approfondir, les fiches de cours La liberté n'est-elle qu'une illusion ? et Matérialisme VS Idéalisme : lequel a raison ?.
En tant que Partenaire Amazon, Le Précepteur réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
